HARBRE est une réflexion sur la renaissance et la régénération, la capacité de l’homme à réinventer sa place sur Terre, son rapport à la nature, après l’avoir longuement épuisée, entaillée et maltraitée.

Assis autour d’un tronc d’arbre mi-vivant, mi-mort, composé de multiples morceaux de bois boulonnés sur l’écorce par l’homme, comme une dernière tentative de le faire tenir debout et de le sauver, le public assistera aux actes d’un homme transformant l’artisanat en un acte physique vertical.

Dans une ambiance de scène de crime, aux bruits métalliques et à la lumière blanche et crue, Harbre traitera de cet équilibre fragile entre symbiose et exploitation de la nature

A lui seul, l’arbre représente les quatre éléments de l’alchimie, et donc la vie : l’eau, l’air, la terre, le feu. L’arbre de vie est une représentation universelle, un symbole spirituel puissant utilisé dans de nombreux pays, qui évoque la création de l’humanité. Il fait référence au processus de la vie avec ses racines ancrées dans le sol et son feuillage qui s’étend jusqu’au ciel. C’est le cycle de la vie, de la naissance à la mort, puis de la renaissance. Ici nous sommes aux lendemains de l’ère de l’industrialisation, peut-être que nous sommes déjà au moment où le cycle de la vie est brisé.

J’ai commencé à travailler avec la hache comme agrès durant la création de Chimaera. C’était la première fois que mon travail de manipulation devenait plus chorégraphique et musical. La hache étant un objet du quotidien je peux sortir des codes d’un numéro du cirque.

Le décor du spectacle est un grand tronc d’arbre, formé de morceaux de bois déjà morts, sciés en bouts rectilignes par l’industrie, boulonnés sur l’arbre comme une dernière tentative de le faire tenir debout et de le sauver.  Cet arbre, sera encerclé par 12 poteaux sur lesquels seront fixés une lampe. Les lampes autour de l’arbre biscornu feront un cercle parfait comme les 12 heures d’une montre. Je voudrais créer une illusion optique où les lampes s’allument et s’éteignent à la suite de plus en plus rapidement jusqu’au moment où ce mouvement semble repartir en arrière.

Le public sera assis en circulaire, autour et proche de la piste, à l’intérieur du dispositif de lampes et d’enceintes. La lumière et la musique les enveloppera. Les premières inspirations musicales seront le son des arbres qui tombent dans la forêt et le son de bois qui brûle. Je voudrais aussi utiliser ma voix, pas pour parler mais pour l’explorer et tendre vers le chant.

Harbre parle de cet équilibre fragile entre symbiose et exploitation de la nature.  Revenir à nos outils manuels et à un travail physique bienfaisant pour nos corps et pour notre planète. Pour trouver une consommation raisonnée de nos ressources naturelles il faut que l’humain reste humble et prenne ses responsabilités face à la nature, car elle peut bien prendre le dessus en faisant usage de toute sa force.



Représentations - HARBRE

18 Nov 22

Sarzeau (56)
Centre Culturel L'Hermine