HARBRE est une réflexion sur la renaissance et la régénération, la capacité de l’homme à réinventer sa place sur Terre, son rapport à la nature, après l’avoir longuement épuisée, entaillée et maltraitée.

Assis autour d’un tronc d’arbre mi-vivant, mi-mort, composé de multiples morceaux de bois boulonnés sur l’écorce par l’homme, comme une dernière tentative de le faire tenir debout et de le sauver, le public assistera aux actes d’un homme tentant de recouvrir aux méthodes anciennes de bucheronnage, transformant l’artisanat en un acte physique vertical.
Montant le long du tronc à l’aide de griffes, et de planches, on assiste à la décapitation lente d’une merveille de la nature par son bourreau.
L’arbre voué à disparaître pour la survie de l’espère humaine recevra coup sur coup, exprimant ici la violence des hommes sur la nature.
Dans une ambiance de scène de crime, aux bruits métalliques et à la lumière blanche et crue, Harbre traitera de cet équilibre fragile entre symbiose et exploitation de la nature

A lui seul, l’arbre représente les quatre éléments de l’alchimie, et donc la vie : l’eau, l’air, la terre, le feu. L’arbre de vie est une représentation universelle, un symbole spirituel puissant utilisé dans de nombreux pays, qui évoque la création de l’humanité. Il fait référence au processus de la vie avec ses racines ancrées dans le sol et son feuillage qui s’étend jusqu’au ciel. C’est le cycle de la vie, de la naissance à la mort, puis de la renaissance. Ici nous sommes aux lendemains de l’ère de l’industrialisation, peut-être que nous y sommes déjà au moment où le cycle de vie est brisé.

J’ai commencé à travailler avec la hache comme agrès durant la création de Chimaera. C’était la première fois que mon travail de manipulation devenait plus chorégraphique et musical. La hache étant un objet du quotidien je peux sortir des codes d’un numéro du cirque. Je suis également attiré par les vieilles techniques de bûcheronnage qui consistent à planter des outils ou des morceaux de bois dans le tronc de l’arbre pour pouvoir grimper et commencer à scier l’arbre en partant du haut. Aujourd’hui ces techniques anciennes et même une grosse partie du bûcheronnage a été remplacé par des machines plus rapide et très efficaces. Mais ces techniques existent encore comme un vieux souvenir dans les timbersports. J’ai aujourd’hui envie de les revisiter à ma manière.  

Je vais aussi travailler avec des effets magiques pour parler du cycle de la vie, de la naissance et de la mort mais aussi de la régénération. Je veux que les feuilles fanent ou deviennent du sable dans mes mains, que certaines plantes poussent plus vite que la normale. Le costume devra contraster avec les agrès et les outils manuels. Le costume sera sombre, un sweat-shirt à capuche qui avec la hache pourront faire penser à un bourreau. La hache et les autres outils seront eux d’une autre époque, forgés à la main. Je souhaite forger moi-même les outils pour Harbre afin d’apprendre la technique pour le volet suivant de la trilogie : Ferfeu.

Le décor du spectacle est un grand tronc d’arbre, avec ses quelques branches, sans feuilles, planté debout dans la terre sèche et sableuse couverte de feuilles mortes. Une partie du tronc est encore vivant. Mais une autre partie est remplacée par des morceaux de bois déjà morts, sciés en bouts rectilignes par l’industrie, boulonnés sur l’arbre comme une dernière tentative de le faire tenir debout et de le sauver.  Cet arbre, sera encerclé par 12 poteaux sur lesquels seront fixés une lampe et une enceinte, pour un son très métallique. Ces lampes émettront une lumière très blanche et artificielle représentant la photosynthèse et pour remplacer le soleil peut être disparu. Une lumière blanche à l’extérieur de l’espace de jeu diffusera une lumière de type chantier ou une scène de crime.

Les lampes autour de l’arbre biscornu feront un cercle parfait comme les 12 heures d’une montre. Je voudrais créer une illusion optique où les lampes s’allument et s’éteignent à la suite de plus en plus rapidement jusqu’au moment où ce mouvement semble repartir en arrière.

Le public sera assis sur des tabourets à l’intérieur de ce cercle de lampe et d’enceintes. La lumière et la musique les enveloppera. Les premières inspirations musicales seront le son des arbres qui tombent dans la forêt et le son de bois qui brûle. Je voudrais aussi utiliser ma voix, pas pour parler mais pour l’explorer et tendre vers le chant.

L’arbre-décor devra dans un premier temps paraître beau, puis fragile, afin de générer une sensation de violence et de danger quand je planterai la hache ou couperai un morceau de la cime.

Harbre parle de cet équilibre fragile entre symbiose et exploitation de la nature.  Revenir à nos outils manuels et à un travail physique bienfaisant pour nos corps et pour notre planète. Pour trouver une consommation raisonnée de nos ressources naturelles il faut que l’humain reste humble et prenne ses responsabilités face à la nature, car elle peut bien prendre le dessus en faisant usage de toute sa force.

Représentations - HARBRE

7-12 Jui 22

Châlons-en Champagne (51)
Festival Furies (dates à définir)

15-16 Juil 22

Mulhouse (68)
Festival Scènes de Rue - option