Créer.
Créer un monde, un espace ou un spectacle.
Aller vers quelque chose de neuf.
Transformer.

 

Chimæra est une fable fantastique sur la création, mêlant manipulation d’objets, danse et musique.

Inspirés par les procédés de l’alchimie et par l’hybridité magique des figures chimériques, Jani Nuutinen et Julia Christ manipulent la matière vivante pour inventer un ailleurs neuf.
Ils imaginent des créatures entre humanité et animalité, des clones rassurants, et forgent une mythologie nouvelle.

 

Chimæra est un pays.

Un endroit déserté où des forces telluriques grondent, un espace poreux qui est autant un dehors qu’un dedans. On s’y forge des corps, on tente de se trouver une forme, une manière de bouger, d’être enfin !

On y voit les restes d’un monde paysan qui sait entendre la terre, un semblant de vie normale et intenable qui nous rappellent que la nature est toujours maîtresse.

 

Comment faire humanité, alors?

Chercher ailleurs, comme nous le conseille Deleuze, chercher à « devenir inhumain », en défaisant l’organisation humaine qui nous fonde, pour pouvoir ensuite danser comme un oiseau ou parler comme un chien.

Chimæra est un ventre.

La scénographie du spectacle est un espace infini dont la seule issue est souterraine. Le sol apparemment stable et solide, comme une promesse de cohérence, est en fait un sol troué, un ventre d’où émergent des choses belles, sales ou effrayantes.
Cet abîme invite à laisser sortir les fantasmes, les cauchemars, les violences. Il permet aussi de changer de visage et de forme, de concevoir et de détruire, d’être libre enfin de se réinventer sans cesse. Il est une fenêtre vers l’intérieur.

 

Chimæra est un récit discontinu.

Avec la cohérence illogique d’un rêve, il propose aux spectateurs un récit troué, qu’ils devront recomposer sans peur de l‘inconnu et du trouble. Aucune vérité ni vraisemblance ne sont à chercher dans cette fiction qui assume la puissance du faux.

 

Chimæra invite à se détacher du réel, à dissoudre la réalité et à re-convoquer la puissance  de l’imagination. Les codes du conte sont ici re-visités , des rites anciens, anthropophagie, alchimie et sorcellerie se re-jouent avec les figures légendaires de l’ogresse et du magicien pour guider le spectateur sur les pistes plus connues de notre enfance .
Mais il y a encore des secrets cachés ça et là, des vides, de l’inconnu qu’il faudra accepter pour contourner la raison et entrevoir les chimères.

 

« Pour gagner quelques idées, il faut aimer beaucoup les chimères »
Gaston Bachelard

Représentations - Chimæra